Les covenants dans les financements : de quoi s'agit-il
Lorsqu’une banque ou un bailleur de fonds accorde un prêt important à une entreprise, il se limite rarement à fixer le montant, le taux et l’échéance. Le contrat comporte aussi des covenants : engagements et contraintes que l’emprunteur accepte pour toute la durée du financement. C’est l’instrument par lequel le créancier garde le risque sous contrôle sans exiger de sûretés réelles sur chaque actif. Comprendre leur fonctionnement est décisif avant de signer, car un covenant violé peut transformer un prêt à long terme en une dette exigible du jour au lendemain.
Qu’est-ce qu’un covenant
Un covenant est une clause contractuelle par laquelle l’entreprise s’engage à faire, ne pas faire ou maintenir quelque chose. Ils servent à protéger le bailleur de fonds contre la détérioration de la situation économique et financière de l’emprunteur pendant la vie du prêt. On distingue trois grandes familles.
- Financial covenant : engagements mesurés par des ratios de bilan, vérifiés périodiquement.
- Affirmative covenant (positifs) : obligations de faire, par exemple remettre les comptes dans certains délais ou maintenir les assurances.
- Negative covenant (négatifs) : interdictions, par exemple ne pas contracter de nouvelle dette ou ne pas distribuer de dividendes au-delà d’un certain seuil.
Les financial covenants les plus répandus
Les ratios financiers sont le cœur du mécanisme. Les plus fréquents dans les financements aux entreprises sont :
- Levier financier (dette nette / EBITDA) : mesure combien de fois la dette dépasse la rentabilité opérationnelle.
- Interest coverage (EBITDA / charges financières) : indique si l’entreprise génère un revenu suffisant pour couvrir les intérêts.
- Equity ratio : part des fonds propres dans le total du bilan, très regardée par les banques suisses comme indicateur de solidité.
- Debt service coverage : capacité à couvrir le service de la dette (intérêts plus remboursements) avec les flux de trésorerie.
Chaque ratio est fixé avec un seuil (par exemple un levier ne dépassant pas 3,5x) et une fréquence de vérification, typiquement semestrielle ou annuelle sur les comptes approuvés.
Pourquoi le créancier les exige
Les covenants sont un système d’alerte précoce. Si un ratio se dégrade, le bailleur de fonds s’en aperçoit avant que la situation ne devienne critique et peut intervenir : renégocier, demander des garanties supplémentaires ou, dans les cas graves, révoquer le crédit. Pour l’entreprise, ce ne sont pas seulement une contrainte : les respecter témoigne d’une discipline financière et peut justifier de meilleures conditions de taux.
Que se passe-t-il en cas de breach
La violation d’un covenant est un événement de défaut contractuel. Cela ne signifie pas automatiquement que la banque exige le remboursement immédiat, mais lui en ouvre le droit. En pratique, les scénarios sont au nombre de trois :
- Waiver : le créancier renonce formellement à faire valoir la violation pour cette période, souvent sous conditions.
- Reset des seuils : on renégocie les paramètres pour les adapter à la nouvelle réalité de l’entreprise, parfois avec une hausse du taux ou des commissions.
- Acceleration : dans les cas les plus sérieux, le financement devient exigible et les garanties doivent être activées.
Le point critique est temporel : un breach découvert tard laisse peu de marge de manœuvre. C’est pourquoi la gestion des covenants doit être intégrée au contrôle de gestion, et non laissée à la vérification annuelle de l’organe de révision.
Comment bien les gérer
Quelques précautions réduisent le risque de se retrouver hors paramètre sans préavis :
- Calculer les ratios à l’avance, avec des projections trimestrielles, pas seulement a posteriori.
- Vérifier les définitions contractuelles : EBITDA, dette nette et fonds propres peuvent être définis dans le contrat de manière différente du bilan légal.
- Négocier un headroom adéquat : des seuils trop serrés rendent le covenant fragile à chaque oscillation saisonnière.
- Prévoir des clauses de cure, qui permettent de remédier à un dépassement par un apport de capital dans un délai donné.
- Coordonner les covenants avec la politique des dividendes et avec d’éventuels nouveaux financements, pour ne pas violer les negative covenants.
En résumé
Les covenants ne sont pas un formalisme bancaire : c’est le mécanisme par lequel la dette reste soutenable et sous contrôle. Qui les négocie avec attention, comprend les définitions techniques et les suit avec le budget arrive aux vérifications sans surprises. Qui les signe sans les lire risque de découvrir trop tard que son prêt est devenu révocable.
Vous souhaitez négocier et suivre les covenants de votre financement avec la bonne structure ? La division capital de SIH ONE accompagne l’entreprise de la négociation avec les bailleurs de fonds au contrôle continu des paramètres.