Croissance & capitaux

Évaluer une entreprise : les principales méthodes

SIH ONE — Desk Capital · 18 febbraio 2026

« Combien vaut mon entreprise ? » C’est la question qui ouvre toute négociation de vente, entrée d’un associé ou transmission générationnelle. La réponse honnête est : cela dépend de la méthode et de qui regarde les chiffres. Il n’existe pas de valeur unique et objective — il existe un intervalle raisonnable, que différentes méthodes restituent sous différents angles.

Pourquoi la valeur n’est jamais un chiffre sec

Prix et valeur ne coïncident pas. La valeur est une estimation technique ; le prix est ce que l’acheteur et le vendeur conviennent, influencé par la négociation, les synergies, l’urgence et les alternatives. Une évaluation sérieuse produit une fourchette, non un point. Qui promet « la valeur exacte » simplifie à l’excès.

Les trois approches les plus utilisées sont les flux de trésorerie actualisés, les multiples de marché et la méthode patrimoniale. On les applique souvent en parallèle et on compare les résultats.

Méthode des flux de trésorerie actualisés (DCF)

C’est l’approche la plus répandue pour les entreprises ayant des perspectives de continuité. La logique : une entreprise vaut ce que valent les flux de trésorerie futurs qu’elle est capable de générer, ramenés à aujourd’hui.

Les étapes en résumé :

  • On projette les flux de trésorerie libres sur un horizon pluriannuel (en général 3 à 5 ans).
  • On estime une valeur terminale qui représente la période suivante.
  • On choisit un taux d’actualisation qui reflète le risque de l’activité et le coût du capital.
  • On actualise tous les flux à leur valeur actuelle et on les additionne.

Le point délicat est le taux : de petites variations changent beaucoup le résultat. C’est pourquoi le DCF est puissant mais sensible aux hypothèses. Il doit être construit sur des plans réalistes, non sur des projections optimistes.

Méthode des multiples

Ici, on regarde le marché : combien sont valorisées des entreprises comparables par rapport à une grandeur économique. Les multiples les plus courants s’appliquent à l’EBITDA, au chiffre d’affaires ou au bénéfice.

L’idée est simple : si des sociétés similaires du même secteur valent, par exemple, un certain multiple de l’EBITDA, on applique ce multiple à sa propre entreprise. La méthode est rapide et ancrée dans des transactions réelles, mais elle exige de l’attention :

  • Les comparables doivent être vraiment similaires par secteur, taille et marge.
  • Les multiples varient beaucoup selon les secteurs et dans le temps.
  • Une petite entreprise vaut rarement autant qu’une grande société cotée : on applique des décotes de taille et de liquidité.

Méthode patrimoniale

Elle part des fonds propres rectifiés : on prend les actifs et passifs du bilan et on les réévalue aux valeurs courantes (immeubles, machines, stock, créances). Le résultat est la valeur des fonds propres « à valeurs réelles ».

Elle convient aux sociétés immobilières, aux holdings ou aux entreprises à forte intensité patrimoniale. Elle est moins indiquée pour les entreprises de services, où la valeur réside dans les compétences, les clients et la capacité à générer du revenu — des éléments que le bilan ne capte pas.

La méthode des praticiens en Suisse

Dans la pratique suisse est répandue une approche qui combine valeur de rendement et valeur patrimoniale, souvent en pondérant davantage la capacité à produire du revenu. Elle est aussi utilisée comme référence en matière fiscale pour les titres non cotés. Elle reste une indication, non un verdict : pour une négociation réelle, il faut une analyse construite sur le cas spécifique.

Ce qui fait bouger la valeur

Au-delà de la formule, certains facteurs déplacent concrètement l’estimation :

  • Dépendance au dirigeant : si l’entreprise ne tourne que grâce au fondateur, elle vaut moins pour l’acheteur.
  • Concentration de la clientèle : peu de clients qui pèsent lourd augmentent le risque.
  • Récurrence des revenus : des recettes stables et prévisibles valent plus que des revenus ponctuels.
  • Qualité des marges et leur durabilité dans le temps.
  • Ordre des comptes : des bilans clairs et une documentation solide réduisent la décote de risque.

En résumé

  • La valeur est un intervalle, non un chiffre sec.
  • Le DCF regarde les flux futurs ; les multiples le marché ; le patrimonial les valeurs de bilan.
  • On les utilise en parallèle et on les compare.
  • Les facteurs qualitatifs — dépendance au dirigeant, clientèle, récurrence — pèsent autant que les formules.

Comment nous vous aidons

Nous construisons l’évaluation de votre société avec des méthodes solides et des hypothèses vérifiables, en préparant les chiffres pour une négociation ou une entrée de capital. Nous vous donnons un intervalle défendable et les leviers pour l’augmenter. Parlons de la valeur de votre entreprise.

SIH ONE — Desk Capital

Contenu rédigé par les spécialistes de SIH ONE. La responsabilité professionnelle incombe toujours à des personnes habilitées : l’IA travaille, les professionnels signent. À propos →

Continuer

Capital

Découvrir →
À lire aussi
Croissance & capitaux

Succession d'entreprise : 5 aspects à planifier

Lire →
Croissance & capitaux

La holding suisse : quand elle est avantageuse et comment elle fonctionne

Lire →