Comptabilité

Gérer les créances clients et le risque d'impayés

SIH ONE — Desk Contabile · 18 novembre 2025

Une facture émise n’est pas de l’argent encaissé. Entre le moment où l’on vend et celui où l’on voit le paiement, il s’écoule des semaines, parfois des mois, et parfois le paiement n’arrive jamais. Les créances clients sont souvent le poste le plus important de l’actif circulant d’une PME, et en même temps le plus insidieux : elles représentent de la liquidité gelée et, en cas d’impayé, une perte sèche. Bien les gérer n’est pas de la bureaucratie, c’est de la protection de trésorerie.

La créance, c’est de la liquidité immobilisée

Chaque facture ouverte, c’est ton argent qui reste dans la poche du client. Plus le délai d’encaissement est long, plus de capital reste bloqué et plus l’entreprise doit se financer ailleurs pour payer salaires, fournisseurs et impôts. Le premier indicateur à surveiller est le délai moyen d’encaissement (DSO) : combien de jours s’écoulent en moyenne entre la facture et le paiement. S’il augmente, la liquidité se détériore même si le chiffre d’affaires progresse.

Des conditions de paiement claires dès le départ

Beaucoup d’impayés naissent de termes ambigus. Les conditions doivent être fixées avant la vente, par écrit :

  • Délai de paiement explicite (par exemple 30 jours à compter de la facture).
  • Éventuel escompte pour paiement anticipé, s’il a du sens pour tes marges.
  • Modalités et coordonnées de paiement sans ambiguïté.
  • Pour les montants importants ou les nouveaux clients, un acompte ou un paiement partiel anticipé.

En Suisse, si aucun terme n’est convenu, la créance devient exigible à la demande du créancier et le débiteur tombe en demeure après une interpellation (ou, s’il existe une échéance fixée, automatiquement à cette date). Fixer l’échéance sur la facture simplifie toute la suite.

Le processus de rappel

Une créance échue doit être gérée tout de suite et avec méthode, sans la laisser « décanter ». Un processus ordonné prévoit plusieurs phases :

  • Premier rappel peu après l’échéance, courtois : c’est souvent un simple oubli.
  • Deuxième rappel au ton plus ferme et avec un nouveau délai court.
  • Dernier avis annonçant les étapes suivantes.

La régularité compte plus que la dureté : le client qui se sait suivi de près paie avant celui qu’on oublie. Sur des retards importants, on peut compter des intérêts moratoires (le taux légal suisse est de 5 % par an sauf convention contraire).

Quand le client ne paie pas : la voie de l’exécution forcée

Si les rappels ne suffisent pas, la Suisse offre une procédure standardisée à travers la Loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite (LP). Elle débute par une réquisition de poursuite à l’Office des poursuites, qui notifie au débiteur un commandement de payer. Le débiteur peut faire opposition ; dans ce cas, le créancier doit la lever par la voie judiciaire (mainlevée), d’autant plus aisément que la créance est documentée par des titres clairs — contrat, facture, reconnaissance de dette. Voilà pourquoi la documentation ordonnée de la relation commerciale est la meilleure assurance : une créance bien documentée se recouvre beaucoup plus facilement.

Le traitement comptable des impayés

Sur le plan comptable, une créance dont le recouvrement est douteux ne peut rester au bilan à sa valeur pleine : le principe de prudence du Code des obligations impose de l’évaluer pour ce qui est réalistement encaissable. On distingue :

  • Dépréciation spécifique : pour des créances individuelles concrètement à risque (client en difficulté, contestations, poursuite en cours).
  • Dépréciation forfaitaire : un pourcentage prudent sur le total des créances pour couvrir le risque générique de non-encaissement.
  • Perte définitive : lorsque la créance est irrécouvrable (par exemple à la clôture infructueuse de la poursuite), on la radie.

Il faut en outre rappeler qu’une correction de valeur a un effet sur la TVA déjà versée : sur le non-encaissement définitif, l’impôt déclaré à l’époque peut être corrigé selon les règles applicables.

Réduire le risque en amont

Recouvrer une créance coûte du temps et de l’argent ; la prévenir coûte bien moins :

  • Vérifie la solvabilité des nouveaux clients avant d’accorder des délais importants.
  • Ne concentre pas trop de chiffre d’affaires sur un seul client.
  • Facture tout de suite et avec précision : retards et erreurs allongent les délais d’encaissement.
  • Surveille les échus chaque semaine, pas en fin de trimestre.

En résumé

  • La créance, c’est de la liquidité immobilisée : mesure le délai moyen d’encaissement.
  • Fixe les conditions et délais de paiement par écrit avant de vendre.
  • Des rappels réguliers et méthodiques recouvrent plus que la dureté occasionnelle.
  • La voie de l’exécution forcée (LP) fonctionne mieux avec des créances bien documentées.
  • Le principe de prudence impose de déprécier les créances douteuses.

Comment nous vous aidons

Nous mettons en place pour les PME la gestion des créances — conditions, rappels, dépréciations correctes en comptabilité — et accompagnons la tenue ordonnée des comptes qui rend chaque créance plus facile à défendre et à recouvrer. Nous mettons de l’ordre dans vos créances.

SIH ONE — Desk Contabile

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